Pendant longtemps, j’ai été cette personne qui acceptait presque tout. Aider un collègue ? Oui. Participer à une sortie alors que j’étais épuisé(e) ? Oui. Prendre une responsabilité supplémentaire alors que mon emploi du temps débordait déjà ? Encore oui.
Je pensais être gentil(le), disponible et apprécié(e). Mais avec le temps, j’ai commencé à ressentir une fatigue étrange. J’avais l’impression de vivre pour satisfaire les attentes des autres plutôt que les miennes.
Un jour, après une semaine particulièrement stressante, j’ai décidé de faire une expérience. Pendant un mois, je n’allais plus accepter automatiquement chaque demande. Avant de répondre, je me donnerais le droit de réfléchir.
Les premiers jours ont été étonnamment difficiles. Chaque fois que quelqu’un me demandait un service, je sentais presque de la culpabilité à l’idée de dire non. J’avais peur de décevoir, d’être mal compris(e) ou de paraître égoïste.
Pourtant, quelque chose d’intéressant s’est produit. La plupart des gens ont parfaitement compris. Certains ont même semblé me respecter davantage lorsque je posais des limites claires.
Petit à petit, j’ai retrouvé du temps pour moi. J’ai recommencé à lire, à marcher sans regarder l’heure, à appeler des amis simplement pour le plaisir de discuter. Je me suis souvenu(e) de choses que j’aimais mais que j’avais abandonnées par manque de temps.

Le plus surprenant, c’est que ma vie sociale ne s’est pas effondrée. Au contraire. Les relations sont devenues plus sincères. Quand je disais oui, c’était parce que j’en avais vraiment envie, pas parce que je me sentais obligé(e).
J’ai également découvert que beaucoup de stress venait de moi-même. Je croyais devoir tout gérer, tout accepter et toujours être disponible. Cette pression n’était pas imposée par les autres, mais par mes propres habitudes.
Au bout d’un mois, je n’étais plus la même personne. Je ne suis pas devenu(e) quelqu’un qui refuse tout. J’ai simplement appris qu’il existe une différence entre être généreux et s’oublier soi-même.
Aujourd’hui encore, je continue d’aider les autres. Mais j’ai compris une chose essentielle : pour prendre soin des personnes qui nous entourent, il faut aussi savoir prendre soin de soi.

Et parfois, le mot le plus difficile à prononcer est aussi celui qui nous apporte le plus de liberté : « non ».