Fernando Botero sculpture monumentale exposée dans l’espace public
Une sculpture emblématique de Fernando Botero, reconnaissable par son travail du volume.

Une légende s’est éteinte : Fernando Botero – le « Picasso de l’Amérique latine » – est décédé.

Décès de Fernando Botero, maître colombien du volume et de la forme

Le sculpteur et peintre colombien Fernando Botero est décédé à l’âge de 91 ans. Connu dans le monde entier pour ses figures aux formes généreuses et monumentales, il a marqué l’histoire de l’art contemporain par un style immédiatement reconnaissable.

Fernando Botero portrait

Le président colombien Gustavo Petro a rendu hommage à l’artiste en déclarant : « Fernando Botero, artiste de nos traditions et de nos défauts, de notre violence et de notre paix, est mort. »

L’œuvre de Botero, caractérisée par des volumes amplifiés et une approche légèrement surréaliste de la réalité, a été exposée dans des musées et des espaces publics à travers le monde : Bogota, Madrid, Paris, Singapour, Venise et bien d’autres villes.

Sculpture Greek Warrior Botero

Trois sculptures de Fernando Botero sont également visibles à Erevan, sur la Cascade du Centre d’art Cafesjian : Smoking Woman, Greek Warrior et Cat. Ces œuvres font désormais partie intégrante du paysage culturel de la capitale arménienne.

Botero sculpture woman

À Medellín, sa ville natale, une semaine de deuil a été décrétée. Le maire Daniel Quintero a souligné que l’héritage artistique de Botero « vivra pour toujours ».

Les médias colombiens ont unanimement salué Fernando Botero comme le plus grand artiste du pays. Selon des sources locales, son état de santé s’était récemment aggravé en raison d’une pneumonie.

Sculpture Cat Botero

Surnommé le « Picasso de l’Amérique latine », Botero a laissé une œuvre immense : plus de 3 000 peintures et environ 300 sculptures. Jusqu’à un âge très avancé, il continuait à travailler près de dix heures par jour.

« Je travaille plus maintenant, peut-être parce que je sais que le temps est limité », confiait-il à l’Agence France-Presse en 2012. « Quitter ce monde et ne plus pouvoir peindre me rend triste, car j’aime profondément la peinture. »

Des débuts modestes à une reconnaissance mondiale

Né le 19 avril 1932 à Medellín dans une famille modeste, Botero s’intéresse très tôt à l’art. À seulement 15 ans, il vend déjà des peintures représentant des taureaux et des matadors près de l’arène La Macarena.

Botero early works

Après une première exposition personnelle à Bogota dans les années 1950, il part pour l’Europe. Ses voyages en Espagne, en France et surtout en Italie lui permettent de découvrir l’art classique et la Renaissance, qui influenceront durablement son style.

Il s’installe ensuite au Mexique, puis à New York en 1960 avec des moyens très limités. Sa carrière prend un tournant décisif lorsque des expositions en Allemagne, dans les années 1970, le propulsent sur la scène internationale.

Le volume, et non la caricature

La signature artistique de Botero apparaît clairement dès 1957 avec Nature morte à la mandoline. Il y découvre une nouvelle approche du volume, qu’il décrira comme plus monumentale et expressive.

Botero still life mandolin

Admirateur de la Renaissance italienne, Botero insistait sur le fait que ses personnages ne sont pas « gros », mais volontairement volumineux. « Il s’agit de volume, pas de graisse », expliquait-il dans une interview au journal El Mundo en 2014.

La sculpture devient une composante essentielle de son œuvre, notamment à Pietrasanta, en Italie, où il développe de nombreuses pièces monumentales destinées à l’espace public.

Botero sculpture Pietrasanta

Botero s’est également inspiré des réalités sociales et politiques de la Colombie. En 1995, une bombe placée près de sa sculpture Oiseau à Medellín a causé de nombreuses victimes. En réponse, l’artiste a offert une nouvelle sculpture, baptisée Oiseau de la paix, devenue un symbole de mémoire et de réconciliation.

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